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Van Blancke
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Ardens Missus Lascivitis, Œuvre personnelle, illustration à l’encre de Benjamin Van Blancke (1/3)

Œuvres personnelles

Ardens Missus Lascivitis

Œuvre personnelle

Les vestiges du futur

Le temps possède cette étrange faculté de transformer les symboles de grandeur en vestiges silencieux. Ce qui fut autrefois un lieu de pouvoir, de beauté ou de célébration devient peu à peu le témoin d’un monde disparu. Les architectures demeurent, mais les civilisations qui les ont façonnées s’effacent, laissant derrière elles les traces de leur passage.

Dans Ardens Missus Lascivitis, plusieurs temporalités semblent se confronter. L’élégance d’un intérieur ancien, marqué par la richesse de ses ornements, rencontre la présence inquiétante d’un personnage vêtu d’une combinaison de protection. Entre eux s’accumule une masse de déchets difficilement identifiables, peut-être toxiques, comme les restes d’une activité humaine dont la fonction et l’origine se seraient perdues avec le temps.

Ces déchets deviennent alors eux aussi des vestiges. Mais contrairement aux architectures que nous choisissons de préserver, ils représentent un héritage involontaire. Ils sont ce que l’homme abandonne derrière lui, une matière persistante capable de traverser les générations bien au-delà de ceux qui l’ont produite.

Le personnage, isolé derrière son équipement, semble explorer les conséquences d’une histoire dont il ne reste que des fragments. Est-il notre contemporain ou appartient-il à un futur plus lointain ? Observe-t-il les ruines du passé ou les conséquences de notre présent ? Son identité demeure volontairement incertaine.

Le format carré renforce cette sensation d’un temps suspendu. Il ne suggère ni commencement ni fin. Il enferme la scène dans un espace où différentes époques semblent coexister. Le passé monumental, le présent de la contamination et l’hypothèse d’un futur devenu hostile se retrouvent réunis dans une même image.

Le dessin interroge ainsi ce que signifie laisser une trace. L’humanité transmet ses monuments, ses œuvres et sa mémoire, mais elle transmet également ce qu’elle rejette, enfouit ou préfère oublier. Avec le temps, la distinction entre patrimoine et déchet devient étrangement fragile. Tous deux peuvent survivre à ceux qui les ont produits.

Ardens Missus Lascivitis devient alors une réflexion sur cet héritage paradoxal. Ce que nous construisons raconte ce que nous avons voulu être. Ce que nous abandonnons raconte peut-être plus précisément ce que nous avons été.

Le futur héritera de notre mémoire, mais aussi de nos restes.

Dessin à l’encre sur papier, format carré, 29,7 × 29,7 cm

Ardens Missus Lascivitis, Œuvre personnelle, illustration à l’encre de Benjamin Van Blancke (2/3)Ardens Missus Lascivitis, Œuvre personnelle, illustration à l’encre de Benjamin Van Blancke (3/3)
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